L’indexation des salaires et ses nouvelles règles.

À compter du 1er juin 2026, la modération salariale entre en application. Aussi désignée par les termes « centenindex » ou « indexation plafonnée », cette mesure plafonne à 2 % l’indexation automatique des salaires sur l’inflation, dans le but de maîtriser les coûts salariaux.

Elle s’applique à tous, salariés comme employeurs, dans le privé comme dans le public.

D’abord, un rappel : qu’est-ce que l’indexation ?

En Belgique, lorsque le coût de la vie augmente (l’inflation) et que l’indice pivot est dépassé, les salaires sont automatiquement relevés dans la plupart des commissions paritaires. Dans les secteurs du non-marchand, cette hausse salariale est de 2 %.

Cela étant, 2026 introduit une nouveauté en matière d’indexation : pour les salaires les plus élevés, cette augmentation automatique est désormais partiellement freinée.

Le principe : une indexation « coupée en deux » au-delà de 4 000 €

La règle ne change rien jusqu’à 4 000 € brut par mois (en équivalent temps plein) : un travailleur qui gagne un montant inférieur a ce seuil verra son salaire augmenter, selon les règles normales et ainsi l’indexation de 2% reste pleinement garantie.

Au-delà de 4 000 €, la part qui dépasse ce seuil n’est plus indexée, mais seulement dans la limite de 2 %. Autrement dit, on « gèle » l’indexation sur la partie supérieure à 4 000 €, mais ce gel ne peut pas dépasser 2 %. Si l’inflation va plus loin que ces 2 %, le surplus est indexé normalement sur la totalité du salaire.

Le plus simple est de raisonner en deux morceaux : la tranche jusqu’à 4 000 € (toujours indexée) et la tranche au-dessus de 4 000 € (indexation freinée).

Exemple 1 — salaire de 3 200 € brut, indexation de 2 %

Le salaire est sous les 4 000 €, donc rien ne change : l’indexation s’applique en entier. Hausse : 3 200 × 2 % = 64 €.

Exemple 2 — salaire de 5 000 € brut, indexation de 2 %

Le salaire dépasse 4 000 €. Seuls les premiers 4 000 € sont indexés ; la tranche de 1 000 € au-dessus ne l’est pas (on est dans la limite des 2 %). Hausse : 4 000 × 2 % = 80 €, au lieu de 100 € (5 000 × 2 %) sans la mesure. Perte pour le salarié : 20 €.

Exemple 3 — salaire de 6 000 € brut, indexation de 3 %

Ici, l’inflation dépasse le plafond de 2 %, il y a donc deux étapes à additionner :

  • Les 2 % de plafonnement portent sur la tranche jusqu’à 4 000 € : 4 000 × 2 % = 80 €.
  • Le 1 % restant (3 % − 2 %) s’applique normalement sur la totalité du salaire : 6 000 × 1 % = 60 €.
  • Total : 80 + 60 = 140 €, au lieu de 180 € (6 000 × 3 %) sans la mesure.

Une fois le plafond de 2 % « consommé », l’indexation classique reprend donc son cours sur l’ensemble du salaire.

Quid de la prochaine indexation salariale prévue au 1er juin 2026 ?

Étant donné que cette indexation sera calculée selon les nouvelles modalités de la mesure « index centime », le taux de 2 % ne s’appliquera qu’à la tranche allant jusqu’à 4 000 euros bruts par mois pour les salaires des fonctionnaires. Autrement dit, une partie du salaire de certains travailleurs concernés ne sera pas augmentée.

Quid si plusieurs indexations en 2026 ?

Seuls 2 % d’indexation font l’objet d’un gel, et cela ne se produit qu’une fois. Une fois cette tranche de 2 % neutralisée sur la portion de rémunération dépassant 4 000 €, la mesure s’éteint. Les revalorisations ultérieures produisent alors tous leurs effets, sur la totalité du salaire.

Prenons le cas d’un travailleur qui bénéficie de trois indexations successives au fil de l’année, par exemple de 1,5 % chacune. C’est uniquement lorsque le cumul atteint le seuil de 2 % que le gel s’enclenche, une seule et unique fois, sur la part du salaire au-delà de 4 000 €. Le reste de la revalorisation, ainsi que les indexations qui suivent, s’opère sans aucune restriction, sur l’ensemble de la rémunération.

Quand et combien de fois cette limitation se produira-t-elle ?

Il est prévu que cette limitation se produise à deux reprises : la première à partir du 1er juin 2026, avec un impact sur l’indexation prévue en juin 2026, et la seconde à compter du 1er janvier 2028.

Une nouvelle cotisation patronale

Le plafonnement de l’indexation génère une économie pour l’employeur. La loi prévoit qu’il en reverse la moitié à l’État, sous la forme d’une nouvelle cotisation sociale patronale.

Vous aimerez également

Artistes L’indemnité des arts en amateurs est fixée à maximum 80,18 EUR/jour et le plafond journalier pour le remboursement des frais de déplacement à 21,91 EUR. ...

Lorsqu’un travailleur tombe malade ou est victime d’un accident (hors accident du travail ou maladie professionnelle), il bénéficie d’un salaire garanti payé par son employeur. ...

Un contrat de remplacement peut être conclu pour remplacer un travailleur en incapacité de travail puisque, en raison de celle-ci, l’exécution du contrat est (totalement) ...

Retour en haut