Un job étudiant à 15 ans : ce qui change en 2026

Depuis le printemps 2026, l’accès au travail étudiant s’élargit aux plus jeunes. Les adolescents de 15 ans encore soumis à l’obligation scolaire à temps plein peuvent désormais conclure un contrat d’occupation d’étudiant et exercer une activité rémunérée en dehors des heures de cours, notamment le week-end ou pendant les congés scolaires. Cette évolution, annoncée en début d’année, n’est devenue pleinement applicable qu’à la suite de la publication de l’arrêté royal encadrant les « travaux légers » autorisés pour cette catégorie d’âge.

Voici les principaux éléments à connaître, tant pour les parents et les jeunes concernés que pour les employeurs.

Une mise en œuvre progressive

Le principe de l’ouverture du travail étudiant aux jeunes de 15 ans est inscrit dans la législation depuis janvier 2026. Toutefois, son application concrète dépendait d’un arrêté royal précisant les activités autorisées. Ce texte a été publié début mai 2026, permettant une entrée en vigueur effective à partir du 14 mai.

Cette mesure vise principalement les élèves des premières années du secondaire ainsi que ceux dont le parcours scolaire a connu un léger décalage. Jusqu’à présent, ces jeunes ne pouvaient pas accéder au statut d’étudiant salarié. Ils peuvent désormais faire leurs premiers pas dans le monde professionnel, à condition que cela reste compatible avec leur scolarité.

Des activités strictement encadrées

Les emplois accessibles sont limités à des tâches simples, non industrielles et sans danger. Ils ne peuvent nécessiter ni formation préalable spécifique ni utilisation de machines.

Parmi les activités autorisées figurent notamment :

  • L’accueil ou le service au vestiaire
  • Le réassort, l’étiquetage ou l’emballage en magasin
  • L’assistance à la vente dans le commerce de proximité
  • Des tâches logistiques simples comme la préparation de commandes ou la gestion de stock
  • Des fonctions de support en horeca (plonge, mise en place, débarrassage)
  • La cueillette ou le tri dans les secteurs agricole et horticole
  • L’appui logistique lors d’événements
  • L’encadrement léger ou la surveillance dans des structures récréatives
  • Des activités de nettoyage de faible intensité
  • Des tâches organisationnelles simples dans le secteur des soins (distribution de repas, par exemple)

Toute activité présentant un risque pour la sécurité, la santé ou le développement du jeune reste interdite, de même que celles susceptibles de nuire à son parcours scolaire.

Un cadre horaire particulièrement protecteur

Les jeunes de 15 ans sont soumis aux règles spécifiques applicables aux mineurs au travail, qui imposent des limites strictes.

En période scolaire :

  • Maximum 2 heures de travail les jours de classe
  • Maximum 12 heures par semaine

Pendant les vacances scolaires (sur une semaine complète sans cours) :

  • Jusqu’à 8 heures par jour
  • Jusqu’à 40 heures par semaine

Dans tous les cas :

  • Interdiction de travailler avant 6 h et après 20 h
  • Interdiction de travailler les dimanches et jours fériés
  • Interdiction des heures supplémentaires
  • Obligation d’un repos minimum de 14 heures entre deux prestations
  • Pause obligatoire au-delà de 4 h 30 de travail continu

Ce cadre constitue un socle minimal impératif pour tout employeur.

Des obligations renforcées pour les employeurs

L’engagement de travailleurs aussi jeunes implique une vigilance accrue en matière de bien-être et de prévention.

Plusieurs points d’attention doivent être intégrés :

  • Adapter l’analyse des risques à chaque fonction. Un poste accessible à un étudiant majeur ne l’est pas nécessairement pour un mineur de 15 ans. Il convient de vérifier l’absence d’équipements mécaniques et de besoins en formation spécifique.
  • Renforcer l’accueil et l’encadrement. Les consignes doivent être claires, structurées et adaptées à l’âge du jeune, notamment en ce qui concerne les interactions professionnelles et les risques potentiels.
  • Organiser une évaluation de santé préalable, en collaboration avec le médecin du travail, avant toute entrée en fonction.
  • Assurer une supervision constante. La présence d’un adulte référent est indispensable ; le travail isolé est exclu.
  • Veiller à la conformité des horaires et du règlement de travail, en garantissant notamment le respect des temps de repos.

Le non-respect de ces obligations expose l’employeur à des sanctions.

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